Les matériaux biosourcés dans la construction

25 Fév 2022 | TECHNIQUES & OUVRAGES

matériaux biosourcés dans la construction
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La nouvelle réglementation RE2020, entrée en vigueur le 1er janvier 2022 a pour objectif de diminuer l’impact carbone des logements dans un premier temps, des bâtiments d’enseignement et des bureaux neufs à partir de juillet 2022 puis des autres bâtiments au 1er janvier 2023.

Elle introduit la notion de calcul des impacts environnementaux du bâtiment sur l’ensemble de son cycle de vie afin de limiter les émissions de gaz à effet de serre.

Si le cadre réglementaire n’inclut pas la réhabilitation des bâtiments existants, celle-ci représente néanmoins un levier important pour atteindre les objectifs de décarbonation.

L’utilisation de matériaux biosourcés dans la construction constitue donc une alternative pour répondre à ces nouveaux enjeux.

Faire le choix de matériaux naturels

Les matériaux biosourcés sont des matériaux partiellement ou totalement issus de la biomasse : bois, paille, chanvre, ouate de cellulose, lin, liège, laine de mouton, textiles recyclés, etc.

Proposés en vrac, panneaux, rouleaux, granulats ou en bottes, ces produits trouvent de nombreuses applications : structure, isolation rapportée (ITI, ITE) et répartie, finition de façade, second œuvre et aménagement.

L’importance de l’utilisation de ces matériaux dans la construction est précisée dans l’article 5 de la loi n° 2015-992 du 17 août 2015 relative à la transition énergétique pour la croissance verte. Cet article précise que « l’utilisation des matériaux biosourcés concourt significativement au stockage de carbone atmosphérique et à la préservation des ressources naturelles ».

Cette capacité de stockage pour les matériaux biosourcés apporte également une réponse à l’article 181 de la loi Elan (n°2018-1021) du 23 novembre 2018 : « Les performances énergétiques, environnementales et sanitaires des bâtiments et parties de bâtiments neufs répondent à des objectifs d’économies d’énergie, de limitation de l’empreinte carbone par le stockage du carbone de l’atmosphère durant la vie du bâtiment, de recours à des matériaux issus de ressources renouvelables, d’incorporation de matériaux issus du recyclage, de recours aux énergies renouvelables et d’amélioration de la qualité de l’air intérieur ».

Répondre aux enjeux de la RE2020 avec la filière biosourcée

Le potentiel environnemental des matériaux biosourcés offre donc de belles perspectives pour répondre à la RE2020 et constitue une alternative aux matériaux conventionnels. Issus de matières premières renouvelables et naturelles, ils participent à la préservation des ressources menacées d’épuisement. L’absence ou la faible émissivité de composés organiques volatils (COV) participent à la qualité de l’air intérieur.

Leur transformation nécessite également moins d’énergie que les produits conventionnels. Les matériaux de construction à base de bois ou de plantes (chanvre, lin, paille, etc.) contribuent à la réduction des gaz à effet de serre (GES) car ils absorbent et stockent le CO2 au cours de leur croissance. Dans le domaine des isolants appliqués en intérieur, la fibre de lin ou la laine de chanvre offre un gain carbone de l’ordre de -79% comparé aux isolants traditionnels comme la laine de verre.

En outre, ils sont généralement biodégradables ce qui limite la production de déchets en fin de vie des bâtiments.

Du côté des propriétés physiques, les isolants biosourcés et les bétons végétaux possèdent d’excellentes performances thermiques, acoustiques, hygrométriques. Grâce au déphasage thermique, ces matériaux optimisent le confort d’été en maintenant une température fraiche à l’intérieur du bâtiment durant la période estivale.

A ce jour, la majorité des produits biosourcés disposent, en fonction du matériau, de normes, d’avis techniques, de DTU et de règles professionnelles qui garantissent l’assurabilité et un niveau de qualité aux ouvrages.

Intégrer les matériaux biosourcés dans les projets de construction

Le recours aux matériaux biosourcés dans la conception et la mise en œuvre peut cependant s’avérer complexe. L’évaluation des économies et des coûts sur le long terme doit être effectué dès la phase de conception du projet afin de fournir des mesures fiables.

Ainsi, l’appui d’un assistant à maîtrise d’ouvrage (AMO) spécialisé dans la construction biosourcée peut faciliter la bonne exécution du projet. Son expertise administrative, financière et technique s’avère en effet très utile dès la phase de conception.

Le « sourcing » constitue également une démarche importante pour faciliter l’emploi de matériaux biosourcés dans un projet de construction. Cette approche permet d’identifier et de rechercher en amont les solutions adaptées aux besoins ainsi que les prestataires expérimentés.

L’allotissement des marchés de travaux, obligatoire pour les marchés publics, qui consiste à fractionner le marché en lots séparés, permet aux entreprises mettant en œuvre les matériaux biosourcés qui sont généralement des structures de petite taille, de faciliter l’accès au marché et à la concurrence.

Raisonner en coût global

L’utilisation des matériaux biosourcés peut générer un surcoût matière par rapport aux matériaux traditionnels qui se répercute sur le coût produit (fourniture et pose). A titre d’exemple, selon l’observatoire E+C-, une structure bois peut entrainer un surcoût de 5 à 15 % en fonction de la typologie et de la hauteur du bâtiment (hors maisons individuelles) par rapport à une structure béton. Elle offre cependant un bénéfice empreinte carbone non négligeable : 199 kgCo2/m2 SDP pour une structure béton contre 80 kgCo2/m2 SDP pour une structure bois. Ce surcoût est à pondérer avec les bénéfices apportés en matière de performances, d’empreinte carbone, de confort d’été ou encore d’hygrothermie qui permettent à long terme de réaliser des économies de chauffage et de climatisation durant la phase d’exploitation.

Des économies sont aussi réalisées en phase chantier grâce à la réduction du nombre de lots (en général une seule entreprise pour le clos-couvert) et à la préfabrication qui réduit les temps de mise en œuvre.

Même constat pour les isolants biosourcés. La mise en œuvre d’un isolant biosourcé dans un logement collectif par rapport à un isolant traditionnel à résistance thermique équivalente occasionne un surcoût fourni-posé à l’échelle du bâtiment de 0,6 à 1,6% du coût de la construction.  Elle génère cependant une économie jusqu’à 7 kgCO2/m2 SHAB, auquel s’ajoutent les bénéfices de confort d’été et d’hygrothermie.

C’est pourquoi il est important de raisonner en coût global d’une opération en prenant en compte l’analyse du cycle de vie du bâtiment. Il faut donc cumuler les coûts directs de l’investissement, les frais d’exploitation, de maintenance et de déconstruction. Ce calcul gain-carbone est évalué sur la base des fiches de déclaration environnementale et sanitaire (FDES) répertoriées dans la base de données INIES mais qui ne possède pas encore de catégorie matériaux biosourcés. Ces fiches sont établies sous la responsabilité des fabricants et présentent les résultats de l’ACV. Elles restent toutefois coûteuses pour les petites filières et seul un certain nombre de produits biosourcés disposent de FDES.

Faciliter l’usage des matériaux biosourcés dans la construction et dans la rénovation

De nouveaux configurateurs ont été développés pour appuyer les fiches FDES et aider la réalisation de l’ACV :

DE-bois, édité par l’Institut Technologique FCBA et le CODIFAB pour les matériaux bois (structure, menuiserie, panneaux).

aKacia, un configurateur en cours de validation développé par l’entreprise Karibati pour les isolants et les bétons biosourcés.

Kompozite, une plateforme d’aide à la conception de bâtiment bas carbone avec une base de données de produits, de procédés et leurs ACV.

Lexique :

ITE : Isolation Thermique par l’Extérieur

ITI : Isolation Thermique par l’Intérieur

COV : Composés Organiques Volatils

GES : Gaz à Effet de Serre

DTU : Documents Techniques Unifiés

AMO : Assistant à Maîtrise d’Ouvrage

SDP : Surface De Plancher

SHAB : Surface Habitable

FDES : Fiche de Déclaration Environnementale et Sanitaire

ACV : Analyse du Cycle de Vie

FCBA : Forêt Cellulose Bois-construction Ameublement

CODIFAB : Comité professionnel de Développement des Industries Françaises de l’Ameublement et du Bois

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Dalle industrielle / forte charge

Destinées aux entrepôts, ateliers, zones de stockage, ces dalles supportent des charges concentrées élevées.

Contraintes spécifiques :

  • Béton renforcé (C30/37 à C35/45) ;
  • Épaisseur 20 à 30 cm, ferraillage double croisé ;
  • Sol parfaitement nivelé et compacté (plate-forme G5 à G3) ;
  • Jointement calibré selon usage (joints sciés, type de chariot, charges).

Comptez un coût global 60 à 100 % plus élevé qu’une dalle domestique.

Dalle intérieure : caractéristiques techniques et budget

La dalle intérieure est le support du plancher fini (carrelage, chape, parquet). Son rôle est à la fois structurel et isolant, garantissant confort et durabilité.

Épaisseur recommandée

 

Usage  Épaisseur béton  Type de treillis 
Habitation standard  12 à 15 cm  ST25C simple nappe 
Garage ou buanderie  15 cm  ST25CS double nappe 
Vide sanitaire / plancher  16 à 20 cm  Armature calculée BE 
Une dalle trop fine (<10 cm) présente des risques de fissuration irréversibles, notamment si le compactage du hérisson est insuffisant. [/et_pb_text][et_pb_text _builder_version="4.20.2" _module_preset="default" theme_builder_area="et_body_layout" hover_enabled="0" sticky_enabled="0"]

Isolation et confort

L’isolation sous dalle limite les déperditions thermiques et améliore le confort du plancher bas (conformité RE2020).

Matériaux courants :

  • PSE Th38 / Th35 pour maison individuelle ;Polyuréthane rigide (PU) pour meilleures performances à faible épaisseur ;
  • Verre cellulaire ou mousse résine pour travaux bas carbone.

Épaisseur isolant typique : 80 à 120 mm selon la zone climatique.

Film polyane et protection

Le film polyane joue un rôle clé : il empêche les remontées d’humidité et protège l’isolant.

Il doit être continu, relevé en périphérie, et posé avant le ferraillage. Tout oubli peut entraîner des désordres (efflorescences, humidité sous revêtement).

Ferraillage

 

  •  Treillis ST25C pour usage courant ;
  • Treillis ST25CS / double nappe dans les garages ;
  • Distance d’enrobage mini : 3 cm.

Le plan de ferraillage doit respecter le DTU 13.3, qui fixe les espacements et recouvrements.

Prix moyen d’une dalle intérieure au m²

 

Poste  Ratio moyen  Prix indicatif 
Terrassement / hérisson  60 €/m²  Variable selon sol 
Isolant sous dalle  140 €/m²  PSE 80 mm + laine de roche 30 mm 
Dallage béton (0,122 m³/m²) + mise en œuvre  60 €/m²  Dalle armée C25/30 
Total (hors chape)  260 €/m²  Selon épaisseur et accès 

Exemple chiffrage – Maison de 100 m²

 

Poste de dépense  Quantité  Coût unitaire  Total € HT 
Terrassement + hérisson compacté 20 cm  100 m²  60,09 €  6 009 € 
Isolant PSE 80 mm + laine de roche 30 mm  100 m²  139,09 €  13 909 € 
Film polyane + pose  100 m²  5,03 €  503 € 
Dallage béton C25/30 12 cm dosé 260 kg/m³ + treillis soudé (4 kg/m²) (0,122 m³/m²)  15 m³ (100 m²)  62,28 €  6228 € 
Total estimatif  26 649 € HT 

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Dalle extérieure : spécificités techniques

Une dalle extérieure ne s’improvise pas. Sans respect du drainage, de la pente et des joints, les problèmes sont fréquents : gel, fissures, stagnations, éclatement du béton.

Points clés à respecter

  • Résistance du béton : minimum C25/30 ;
  • Pente : 1,5 % minimum ;
  • Adjuvants : hydrofuges ou plastifiants ;
  • Joints : fractionnement tous les 25 m², dilatation contre murs ;
  • Cure indispensable pour limiter les fissures de retrait.

Exemple chiffrage – Terrasse béton 40 m²

Poste 

Unité 

Prix unitaire 

Total HT 

Préparation sol / hérisson 20 cm 

 

60,09 € 

2427,60 € 

Coffrage béton 

 

188 € 

7520 € 

Film polyane + pose 

 

5,03€ 

201,20 € 

Béton 15 cm dosé 350 kg/m³ 

0,153 m³/m² 

94,41 € 

3776,40 € 

Ferraillage ST25C + coupe joints 

 

10,99 € 

439,60 € 

Total 

14 365 € HT  

Les éléments qui influencent le prix

 

Épaisseur

Une dalle de 20 cm coûte 30 à 40 % plus cher qu’une dalle de 12 cm, uniquement par surconsommation de béton (~70 L/m²/cm d’épaisseur).

 

Dosage en béton

Passer de 300 à 400 kg/m³ augmente le coût du béton prêt à l’emploi de ~20 €/m³, mais améliore la durabilité.

 

Ferraillage

  • Simple nappe : +1,5 kg acier/m² ;
  • Double nappe : +3,5 kg/m² ;
  • Treillis en feuille ou rouleau selon surface disponible.

Préparation du sol

Les surcoûts majeurs proviennent :

  • Des rattrapages de niveaux ;
  • Des drains ou remblais techniques ;
  • Ou d’un sol instable imposant un renforcement du hérisson.

Main d’œuvre

Une équipe de deux maçons pose en moyenne 40 à 50 m²/jour. L’accessibilité et le pompage peuvent majorer de 10 à 25 %.

Comparatif budgétaire selon usage

 

Type de dalle  Épaisseur  Usage  Prix moyen HT/m² 
Dalle sur terre-plein  12 à 15 cm  Maison, RDC  250-270 € 
Dalle extérieure terrasse  12 à 15 cm  Jardin, allée  300-350 € 
Dalle de garage  15 à 20 cm  Véhicules  280-350 € 
Dalle portée  15 à 20 cm  Plancher cave  320-400 € 
Dalle industrielle  20 à 30 cm  Atelier, dépôt  350-450 € 

6. Exemple de calcul complet (volume + coût)

Prenons une dalle de garage 25 m² – épaisseur 15 cm.

Volume de béton :
V=25 m2×0,15 m=3,75 m3V=25 m2×0,15 m=3,75 m3

Béton prêt à l’emploi C25/30 : 3,75 m³ × 140 €/m³ = 525 €

Treillis double nappe : 25 m² × 10,99 € = 274,75 €

Préparation / coffrage / main d’œuvre : 25 m² × 188 € = 4700 €

Total estimatif : 5 500 € HT

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Les erreurs fréquentes dans le chiffrage d’une dalle

  1. Confusion dalle / plancher porteur → Sous-estimation du ferraillage.
  2. Épaisseur par défaut (10 cm) → Trop faible pour garage, risque fissure.
  3. Oubli du film polyane ou des joints → Pathologies à court terme.
  4. Volume béton mal calculé → Perte de marge.
  5. Prix global au m² sans ventilation → Impossible de justifier le devis.

Notre conseil :

toujours calculer poste à poste (terrassement, ferraillage, béton, main d’œuvre). Batiprix vous fournit cette décomposition automatiquement.

Comment fiabiliser son estimation ?

Grâce à Batiprix, vous pouvez accéder à :

  • Des ouvrages “dalles béton” actualisés selon DTU 13.3.
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